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Le film

Synopsis

C’est un film collectif tourné en pellicule, fabriqué avec et par les opposant·es au projet Cigéo, à Bure et alentours, en Meuse et Haute-Marne. Dans le film plusieurs univers s’opposent, se croisent, se regardent, se mêlent ou s’évitent. Il y a des gens qui vivent sous terre, d’autres en surface ou dans les arbres. On a imaginé ce qui se passerait dans un monde contaminé par le nucléaire. Un film d’anticipation ? Peut-être. Mais aussi un film d’archives où certains lieux qui apparaissent à l’image n’existent plus. C’est un film qui s’est fait en parallèle de la lutte, à ses côtés, à son contact, dans la lenteur de la fabrication collective, entre 2016 et 2020. L’histoire a été écrite à plein, inspirée par ce qui se passait ici. Elle est traversée par nos craintes sur l’avenir, notre colère et notre espoir qu’il y aura toujours du monde pour habiter les zones menacées et lutter contre ces projets morbides.

Fiche Technique

Réalisation :
Pays :
Langue : français
Genre :
Public :
Durée : 41min01
Date : 2020

Licence

Image du film. Des éoliennes dans un champ avec les nuages en fond. Deux personnes portant des combinaisons intégrales marchent.

Autour du film

Avant de voir le film, un mot des scotcheuses

Dans le cinéma, être acteurice ou réalisateurice va de pair avec la création d’un personnage public très valorisé socialement. La suite de l’histoire est connue, ce prestige social démesuré décuple les rapports de pouvoirs déjà existants. Dans une société patriarcale, ce prestige et ce pouvoir de séduction permettent aux acteurs et aux réalisateurs un accès facilité aux corps, et passe sous silence les abus.

Ce texte est une invitation à se questionner sur les hiérarchies sociales fabriquées par les images, qu’elles concernent le grand public, ou des formats plus confidentiels comme les nôtres. Nous vous invitons aussi à mettre la performance d’actrice ou d’acteur sur un pied d’égalité avec les autres étapes de la création : fabriquer des décors, préparer une cantine, écrire un scénario, faire de la manutention, faire du montage vidéo, envoyer des mails, faire des réunions, faire la vaisselle, dessiner une affiche, utiliser une caméra, etc !

Avec ce collectif des scotcheuses nous cherchons à créer des films de manière horizontale, à contrer certains jeux de pouvoir liés entre autre à la maîtrise technique de certain.e.s et aux questions de genre. Cette attention aux dynamiques collectives est pour nous aussi importante que les films que nous produisons.

Mais malgré nos tentatives d’attention, de prévention et d’éducation concernant les violences sexistes et sexuelles, nous n’avons pas réussi à nous en protéger. Des personnes qui jouent dans le film ont eu des comportements d’agressions sexuelles pendant ou après la fabrication du film.

Nous avons fait le choix de continuer à montrer le film tel que nous l’avons fabriqué, en conservant leur présence à l’écran. Nous ignorons encore peut-être certains comportements concernant d’autres personnes.
Malgré nos envies de vivre autrement nos relations et de raconter d’autres histoires, notre collectif est traversé par une part de la violence patriarcale du monde. Il nous semblait nécessaire de vous en informer pour que le silence ne perdure pas.
Et cela nous encourage à continuer à penser ces questions, prendre soin des collectifs et à toujours chercher comment faire autrement.

Les scotcheuses

Les scotcheuses sont les petits objets mécaniques qui servent à couper et scotcher la pellicule pour le montage d’un film. C’est le nom qu’on s’est donné. Nous sommes un collectif de cinéma artisanal. On utilise la caméra Super 8 car c’est un outil qu’on peut facilement s’approprier et transmettre : il permet de comprendre le cinéma. On aime aussi le grain des images de cette caméra conçue pour les films amateurs, les films de famille. Ses images sont chaleureuses. Nous avons fabriqué cinq films depuis le premier ‑ Le Bal des Absent·es ‑ en 2013. Le collectif est un endroit poreux, parfois nous sommes vingt, parfois moins et parfois plus. Certain·es d’entre nous ont une expérience plus ancienne dans la fabrication de films et d’autres ont plein d’autres connaissances. On apprend les un·es des autres. Malgré les difficultés, on essaye de faire un cinéma horizontal et partagé, où les hiérarchies et les divisions du travail seraient toujours remises en question et où le savoir circulerait librement. On se réapproprie des outils pour ne pas les laisser aux mains de l’ennemi. Parce que si on a pleins d’outils et qu’on sait tou·tes les utiliser, alors on sera plus fort·es. Plus fortes avec nos faiblesses. Plus fort·es dans les failles et les interstices d’un monde qui vacille. Chaque rencontre, chaque brèche est comme une petite allumette pour ne plus fermer l’objectif. Pour poser nos regards aux endroits de lutte, de vie.

Complément

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