Des nouvelles de HorsCiné (2)

C’est mercredi, c’est le jour des nouvelles de HorsCiné !

Les films libres

Comme on l’a écrit précédemment : « les films libres, ce sont des films qui ont été libérés, plus ou moins partiellement, du droit d’auteur.

L’expression films libres est une dénomination générique qui regroupe des films placés sous licence libre ou de libre diffusion et des films entrés dans le domaine public. »

Dans les commentaires de la dépêche publiée sur linuxfr, on a développé notre cheminement :

« Cette plateforme s’adresse à un public large, et pas seulement aux militant·es pour le logiciel libre. Avec Lent ciné, on a commencé par parler de films libres, puis on est revenu là-dessus en parlant de films sous licence libre et de libre diffusion. Et on s’est rendu compte que pas grand monde ne comprenait ce que ça voulait dire. Que même chez des libristes, une fois sorti des logiciels, libre était utilisé de manière générique pour désigner sous licence libre et de libre diffusion. Et que la plupart des personnes qui plaçaient leurs œuvres sous licence parler d’œuvres libres.
Les mots ont un sens, et celui-ci évolue. Dans le monde de l’art, on parle de libre pour dire librement accessible et partageable. Qui est-on pour dire aux gens qu’ils ont torts et qu’ils n’utilisent pas les bons termes ?
Alors on est revenu sur la dénomination de base, pour parler de films libres. Celle qui est comprise et utilisé par le plus grand nombre. Et qu’on revendique, pour ne pas rester enfermé dans nos petits cercles restreints où on est clairement compris par si peu. »

« En se connectant au larousse, voilà entre autres ce qu’on peut lire pour libre : “Qui a le pouvoir d’agir, de se déterminer à sa guise.”
C’est cela qu’on entend par film libre : une œuvre dont le statut a été déterminé par son auteur·rice, qui a décidé de la sortir du régime du droit d’auteur. Que cette personne ait choisie telle ou telle licence, avec telle ou telle conditions, cela relève de son choix et de son histoire. Nous ce qu’on veut mettre en avant, c’est la liberté donnée aux spectateur·rices de regarder et de partager. »

Au sein de Lent ciné, on préfère clairement les licences libres (art libre et CC BY-SA), et ce sont celles qu’on utilise en général. Parce qu’en plus du partage, elles permettent de créer des œuvres dérivées. Et on aime réutiliser des œuvres, et qu’on puisse réutiliser les notres. Mais on considère que ce choix appartient à chacun⋅e, et que si toutes les personnes qui créent se posaient la question d’appliquer ou non une licence et si oui laquelle, les œuvres seraient largement plus accessibles.

Le domaine public

Trouver des films tombés dans le domaine public, réellement tombé dans le domaine public, c’est presque mission impossible. Un peu de wikipedia pour comprence ce que c’est :

« En droit de la propriété intellectuelle, le domaine public est un statut sous lequel sont placés les biens intellectuels (œuvres, inventions…) pour lesquels, au terme de leur durée de protection, il n’est plus nécessaire de demander une autorisation d’exploitation quelconque. On dit alors qu’ils sont « tombés dans le domaine public » ou de façon plus neutre « entrés dans le domaine public ». »

« L’article L. 123-1 du Code de la propriété intellectuelle précise : « L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l’année civile en cours et les 70 années qui suivent ». Ainsi la plupart des œuvres, qui suivent ce régime général, entrent dans le domaine public un 1er janvier. »

Sauf qu’un film étant considéré comme une œuvre de collaboration, la loi attribue la qualité d’auteur aux personnes qui réalisent, scénarisent, adaptent, dialoguent et composent la musique. Pour être sur qu’un film est dans le domaine public, il faut s’assurer que pour un film, toutes ces personnes soient mortes depuis plus de 70 ans. Et évidemment il n’existe pas de listes émanant du ministère de la culture, du CNC ou d’un autre organisme qui fait référence.

Et pour compliquer le tout, des listes existent sur internet, mais elles sont fausses (ici, ou encore ) : certains de ces films sont dans le domaine public américain, mais pas en France, pour d’autres, on ne trouve aucune explication.

Donc on cherche, mais cela prend beaucoup de temps. Pour l’instant, on est sûr que les œuvres de Gorges Méliès et d’Alice Guy-Blachet, ainsi que certaines de Charlie Chaplin sont dans le domaine public. Certaines vont donc arriver prochainement. Et on continue nos recherches.

Si vous voulez en savoir plus, on vous conseille cet article de Lionel Maurel : Domaine public et licences libres : des opportunités pourdévelopper l’audiovisuel en bibliothèque ?

Le site

Il y a maintenant 42 films sur la plateforme !

Le site continue d’évoluer. Jeudi, on ajoutait la possibilité de lire les synopsis et de rechercher dedans dans la page répertoriant tous les films. Aujourd’hui, on a ajouté la possibilité de rechercher dans les différents champs. Vous pourrez par exemple chercher un court-métrage d’animation.

On a bien conscience de beaucoup d’améliorations possibles, mais c’est un travail colossal, et même en temps de confinement, les journées ne durent que 24 heures. Donc on fait ce qu’on peut, et on note au fur-et-à-mesure les pistes d’améliorations. Pour plus tard.

La campagne de financement

Nous avons récolté 628 euros ! Merci aux 16 personnes qui ont donné, et donc aux 7 nouvelles. Pour tout vous dire, on trouve parfois qu’avec tout l’argent qu’il y a dans ce monde, la cagnotte n’avance pas très vite. Et puis dès qu’on reçoit un mail nous indiquant un nouveau don, on trouve ça extraordinaire, et ça nous touche. Des personnes qui ne nous connaissent pas croient en notre projet et nous font confiance. C’est un merveilleux moteur, la confiance.

On a conscience que l’argent, c’est un moyen et pas une fin. Si on récolte moins qu’espéré, on trouvera d’autres moyens.

Merci, et bonne semaine.

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